Comment un chauffeur de bus a sauvé ma journée

Publié le par Boo

Ca avait pas trop mal commencé... Réveillée aux allentours de 9h30, 10heures, je déjeune, m'habille avec ce qui me tombe sous la main, et décolle pour l'hôpital.

 

Dans le bus, je me connecte à face de bouc pour m'occuper (oh horreur! oh hérésie!).

 

Ah? On est le huit y parait aujourd'hui. Ah, puis il faut que je retourneà mes torchons? Ah bon. Ben j'essayerais d'en trouver un en chemin alors. Ah, puis j'ai un Q.I. moins élevé que celui d'un homme aussi? Et un cerveau plus petit? Et donc? Einstein aussi de toutes façon. Comment ça, ce serait un mensonge?! Ah ben bien sur, les petits africains aussi ont du mal à faire 2+2, c'est l'environnement qui veut ça. Puis Cendrillon, le prince, il l'a choisie parce qu'elle sait vachement bien faire le ménage. Mais bien sûr.

 

Soyez sûrs (et sûres) que j'ai appris beaucoup de choses aujourd'hui (comme quoi, nous les femmes, on est vraiment rien que des nulles qui savent rien, n'est ce pas?).

 

En particulier que certains se cachent derrière un humour noir, lourd comme un 45 tonnes hors-la-loi (donc à 45,5tonnes), dégueulasse et coulant comme une chiassure de caniche malade dans un caniveau, pour exprimer ce qu'ils pensent. Ou peut-être pas en fait. Pour avoir demandé des explications à l'un d'eux, je n'ai reçu qu'un message d'amour envers les femmes, qui sommes douces, magnétiques, mystérieuses, poétiques et rêveuses.

 

Après lui avoir expliqué qu'il avait fait bien plus que de me blesser, il m'a gentiment fait comprendre que ce n'était rien que de la provoc'. Mais bien sûr. Et la fois où il m'a expliqué que sa fille, elle mettrait pas de jupes courtes (il devait juger ma midi trop mini ), et que la meilleure chose que l'islam ai fait, c'était le port du voile intégral, c'était de la provoc' aussi? Peut-être bien, peut-être pas.

 

Autant dire que mon sang chaud bouillant de bélier n'a même pas eut le temps de faire un tour. J'ai passé deux heures de mon après-midi toutes griffes dehors. Ses explications avaient quand même un air d'autre chose. (Faudra que j'en parle de ma place telle que je l'appréhende dans la société plus tard....)

 

Bref, j'étais à la fois furibarde, lasse, au bord des larmes et tremblottante de rage quand je suis sortie du boulot en me disant "merde", faut que je ramène ce fichu bouquin à la BU.Et remerde, il est passé où encore ce fichu arrêt de bus? (avec les travaux à l'hôpital, ça change presque tous les jours).

 

Ah mais faut que j'aille dans l'autre sens pour aller à la BU,moi. Ah, un bus! Oh non, y a pas d'arrêt dans cette direction. Re merde. C'est un Spécial (qui prends pas de passagers)! Chiasse!

 

Je suis hagarde, au milieu de la route goudronnée il y a trois jours, je regarde le chauffeur du 'Spécial', qui me regarde, mon (lourd) livre à la main, mon PC sur le dos, il attends que le feu provisoire passe au vert.

 

"Bonjour, excusez-moi, vous pourriez me poser à la BU médecine?" dis-je  couine-je demandè-je.

 

"Oui, bien sûr, montez vite!" répond-t-il avec un grand sourire.

 

Je me suis faufilée dans son bus, j'y croyais à peine. Il m'a posée juste en face de la BU, puis est allé prendre son service à l'arrêt du 5. Pendant le court trajet, je me suis sentie un peu privilégiée, flottante, mais heureuse.

 

Je l'ai remercié de mon plus beau sourire et il me l'a rendu avec le sien.

 

Il m'a sauvé ma journée. Sans sa bonne humeur et son gentil service, j'aurais bien moins apprécié la carte de mon Doux et le compliment de ma meilleure amie R.

 

Alors, toi, le chauffeur du 5 de 17h20 à Paré du 8 mars 2011, un immense MERCI si tu passes ici.

 

Un grand MERCI de tout mon coeur!


 

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Publié dans Petit bout de femme

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