Shopping à Lyon et philosophie de comptoir

Publié le par Boo

Commençons tout d'abord par le plus important : je n'ai rien acheté. Rien de rien. Et c'est pas faute d'avoir cherché.

 

Ce que j'aurais voulu? L'équivalent de ma robe noire guipure mais en couleur, un pantalon de couleur menthe (je fais une fixette sur cette couleur en ce moment), et une petite capeline, ou un chapeau à bords mous, mais pas trop.

 

Et j'en ai vu beaucoup. Mais aucun qui m'allait, me flattait ou même n'était abordable. Et des fois, les trois en même temps.

 

Cependant, j'ai pu me rendre compte d'une chose :

 

Georges Lucas avait raison. Nous sommes envahis par des clones. Par des hordes de gamines d'âge non identifiable car lookées comme leurs aînées de la fac. Ou par ces mêmes faqueuses toutes habillées pareilles. Ou ces couples the Kooples assortis l'un avec l'autre.

 

Je me suis un instant posé la question :  était-ce comme ça avant? Est-ce que les dix-trente ans se mélangeaient dans un même style? Allaient-ils jusqu'à être tous interchangeables?

 

Je suis bien consciente que moi aussi j'aimerais pouvoir être à la pointe de la mode, que j'aimerais pouvoir dire que j'ai un crush sur les susan boots de Chloé . Juste crush en fait, j'aime VRAIMENT pas ces chaussures. Moi aussi j'aimerais ressembler à toutes ces filles modes, branchées, super-lookées, de 12 à 28 ans. Je l'avoue.

 

Sauf que comme beaucoup de filles, je n'ai pas un SMIC à passer dans des fringues ou des sacs stylés chaque mois. Je n'ai même pas de SMIC tout court en fait. Comme certaines de ces filles. Ces filles qui sont eclipsées par les autres. Ces filles natures. Ces filles qui continuent de porter du liberty, même si c'est sooo 2011, ces filles qui s'habillent d'un jean et d'un pull et à qui ça va bien. Ces filles qui sont contentes parceque la tendance actuelle leur permet d'acheter leurs fringues ailleurs que dans des boutiques spécialisées.

 

J'ai toujours eu un côté fifille, fleur-bleue, très (très) gourmande, rêveuse.... Quand j'étais gamine, je voulais perdre des dixièmes pour pouvoir porter des grosses lunettes carrées comme on voit beaucoup en ce moment. Parce que dans tous les films, ça faisait une tête d'intellos à l'héroïne qui les portait. (Mon modéle? Sélina Kyle!) Et que je voulais être intello-bibliothécaire. Avec des grands pulls en grosse maille tous déformés. Et des livres jusqu'au plafond dans une librairie à devanture de bois.

Puis je me suis dit que je cuisinerais plus tard.Dans un restaurant avec les poutres apparentes, une pergola, un saule pleureur et une salade lyonnaise au menu.

 

Puis j'ai commencé "les études". Puis la mode s'est "démocratisée".

 

Et j'ai perdu pied.

 

Comme j'ai l'habitude de dire, j'ai du rater une marche quelque part. Sauf que là, ce n'est plus une marche, mais bien tout l'escalier.

 

Quelque chose dont je rêvais petite (les pulls, les lunettes, les petits gateaux, les zozios gniangnian...) est revenu à la mode, pour mon plus grand bonheur. Mais quand cela me faisait passer pour une originale à l'époque, je ne ferais que rejoindre les rangées des bobos-chics, des hipsters-glam et autres angliscismes dénichés par les médias, maintenant. Je vois l'image que j'avais de moi, ma projection, démultipliée, incarnée par des filles dans la rue, dans le bus, dans ma promo, sur les feuilles de papier glacé.... Ces filles qui ont parfois 12 ans, âge auquel je portais des jeans droits aux coupes dégueulasses et des sous-pulls Décathlon...

 

Je vois le Moi que je voulais être incarné par des actrices sur grand écran, dans les magazines, dans la rue... Et ce Moi finit par se déliter, se décharner à force d'être multiplié. Et cela me file le blues. Parce que je ne veux pas être mise dans une case. Je ne veux pas suivre une tendance parce qu'on dit qu'il faut la suivre. Je ne veux pas qu'on pense que je suis une tendance, comme tout le monde. Je ne veux pas ressembler à tout le monde.

 

Résultat : je tergiverse, j'hésite, je saute de joie pendant le shopping avec Grand Brun, puis fini down parce qu'une gamine se balade avec un Lancaster au bras alors que mon sac à moi s'effrite petit à petit.... Grand Brun ne comprends pas ces sautes d'humeurs, et j'avoue avoir aussi quelques fois du mal à les gérer.

 

Je sais qu'il faut que je profite de la tendance pendant qu'elle propose des choses qui me plaisent (et me vont), mais je ne veux pas me laisser bouffer par celle-ci, je ne veux pas être taxée de mouton ou de superficielle. C'est complexe comme sentiment. Et comme j'ai toujours tendance à analyser, décortiquer, me prendre la tête.... ça fini toujours par prendre des proportions énormes.

 

Voilà.

 

 

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marikafée 04/05/2012 17:23


Tu achètes et tu ranges tu sors de ton armoire dans 2 ans et là tu es de nouveau l'unique!